Relations militaires franco-thaïlandaises

Dès le XVIème siècle, le royaume du Siam est reconnu par les Européens. Le roi du Siam accorde alors des comptoirs commerciaux aux Hollandais, aux Portugais, aux Français et aux Anglais. Au XVIIème siècle, le Siam constitue une grande puissance orientale. Le roi Naraï envoie deux ambassades à Paris. La première est victime d’un naufrage près de Madagascar et la seconde arrive à Versailles en 1684. A son tour Louis XIV envoie à Ayutthaya, dès 1885, deux vaisseaux avec le chevalier de Chaumont et l’abbé de Choisy. En 1687 une seconde mission plus conséquente est conduite par le marquis de la Loubère et tient alors garnison à Bangkok.

Le premier ministre du roi Naraï, un aventurier grec du nom de Constance Phaulcon, décide de placer le Siam sous la protection de Louis XIV, mais les dignitaires ne veulent pas que leur roi demeure sous l’influence de Phaulcon et des étrangers. En 1688, le roi Naraï meurt et Phaulcon est mis à mort. Tous les européens sont priés de quitter le pays. Depuis cette époque, le mot farang, qui signifie étranger, tire son origine du mot « farangset », transcription thaïe de « français ».

La véritable transition moderne prend place lors du règne du Roi Rama V (1868–1910). Ce dernier inaugure de grands changements politiques et sociaux ainsi que la modernisation économique de la Thaïlande. Il fait du Royaume du Siam une monarchie constitutionnelle.

Les soldats siamois en 1918 - JPEG

Sous le règne du roi Rama VI, le Royaume du Siam déclare la guerre à l’Allemagne le 23 juillet 1917. Le roi décide d’envoyer une force expéditionnaire siamoise de 1284 soldats des armées de terre et de l’air qui viennent se battre en France où elle perd 19 hommes.

Le défilé des troupes siamoises sous l'Arc de triomphe - JPEG

A cette période les relations militaires sont alors très étroites entre les deux pays, et le Royaume du Siam envoie de nombreux officiers se former en France. Parmi eux, le roi Rama VII, condisciple du général de Gaulle à l’Ecole de guerre ainsi que le futur Maréchal et Premier ministre Plek Pibulsongkran.

La défaite de juin 1940 en Europe entraîne une perte de prestige et l’isolement de l’Indochine française. Le 17 janvier 1941, la bataille de Koh Chang voit s’affronter les flottes française et thaïlandaise.

De nos jours…

Ces deux dernières années ont connu une densification de la relation bilatérale de défense qui s’est traduite par la signature en février 2013, lors de la visite du Premier ministre français à Bangkok, d’un accord intergouvernemental de coopération de défense.

Cet accord instaure un comité de défense annuel qui fixe les orientations de la relation bilatérale dans les domaines stratégique, opérationnel et logistique.

Coopération

Notre relation de coopération en Thaïlande est l’une des plus anciennes d’Asie. Elle repose essentiellement sur :

• La préparation d’un cadet au lycée international de Bangkok ;
• La préparation de cadets au concours de l’ESM Saint-Cyr (2 ans à Aix en Provence) ;
• La formation de Saint-Cyriens thaïlandais en France ;
• L’attribution de places annuelles à l’école de guerre et aux séminaires de l’Institut des hautes Etudes de la Défense nationale ;
• L’organisation de stages embarqués d’officiers de la Royal Thai Navy à l’occasion des escales de bâtiments français en Thaïlande ;
• Le soutien d’un cursus francophone (classe de français) à l’école militaire de Nakhon Nayok(AFAPS) ;

• Des visites croisées d’autorités militaires ;
• Des échanges d’experts dans le domaine opérationnel.
• La participation d’officiers aux exercices multinationaux organisés en Thaïlande ;
• L’entretien d’une relation large et confiante sur les questions d’équipements de défense. Le sous-comité armement et les différents salons en France (Le Bourget, Euronaval, Eurosatory) et en Thaïlande (Defence and Security) y contribuent.

Célébration de l'armistice à la résidence de France en 2013 - JPEG

publié le 21/11/2014

haut de la page