Présentation historique

Les relations entre la France et la Thaîlande reposent sur une tradition ancienne. Nos deux pays entretiennent une coopération active et amicale depuis plusieurs décennies, qu’ils ont voulu, d’un commun accord, rendre plus intense depuis la fin de l’année 2002.

C’est au 17ème siècle que la France et le Royaume de Siam nouent leurs premiers contacts officiels : deux délégations diplomatiques siamoises se rendent en France en 1684 et 1686 et sont reçues à Versailles par le « Roi Soleil », Louis XIV. En retour, plusieurs ambassades françaises, dont la plus célèbre fut conduite en 1685 par le Chevalier de Chaumont, se rendent à la Cour du Roi Narai. Ce n’est cependant qu’en 1856 que les deux pays décident d’ouvrir des relations diplomatiques, dont nous célébrons en 2006 le 150ème anniversaire.

Dans le contexte de l’expansion coloniale française dans la région, plusieurs incidents opposent le Siam et la France, notamment celui de « PAK NAM » en 1893. Mais les relations s’apaisent. A deux reprises, en 1897 et en 1907, le Roi Rama V effectue une visite d’Etat en France et, pendant la première guerre mondiale, Siamois et Français connaissent la fraternité des armes : le Siam envoie en Europe un corps expéditionnaire, qui vaut aux troupes siamoises de défiler sur les Champs Elysées en 1918.

Entre les deux guerres, le Siam et la France intensifient leurs relations : aux liens politiques et diplomatiques classiques, s’ajoutent la coopération militaire (le futur Roi Rama VII fut condisciple du Général de Gaulle à l’Ecole de guerre) et des relations culturelles étroites, dont témoigne le séjour à Paris de nombreux étudiants siamois. Certains d’entre eux, comme Pridi Banomyang, joueront ensuite un rôle très important dans le développement de la Thaïlande moderne.

Pendant la deuxième guerre mondiale, entre septembre 1940 et mai 1941, les forces armées de nos deux pays s’affrontent en Indochine française et en Thaïlande. L’armée thaïlandaise envahit les provinces de Siem Reap et de Battambang à l’ouest du Cambodge et du Laos. La France réplique en coulant une partie de la flotte thaïlandaise à Koh Chang. Les hostilités cesseront avec la conclusion, à Tokyo le 9 mai 1941, d’une convention de paix. Après la deuxième guerre mondiale, les relations bilatérales demeurent ténues, même si, en 1960, Sa Majesté le Roi Rama IX et la Reine Sirikit se rendent en visite d’Etat en France.

Au début des années 2000, les relations franco-thaïlandaises connaissent un nouvel essor : à l’occasion de la visite officielle en France du Premier ministre Thaksin Shinawatra en mai 2003, la France et la Thaïlande s’engagent à « ouvrir une ère nouvelle de partenariat et de coopération » dans les domaines politique, économique, culturel et scientifique. M. Thaksin désigne la France comme « le partenaire stratégique de la Thaïlande en Europe » et M. Chirac qualifie la Thaïlande de « pays-clé en Asie ». Ces engagements ont ensuite été précisés dans un « plan d’action conjoint » signé à Paris le 25 mai 2004 par les deux ministres des Affaires étrangères, M. Michel Barnier et M. Surakiart Sathirathai.

La visite d’Etat du Président de la République française en Thaïlande, le 18 février 2006, à l’invitation de Sa Majesté le Roi Bhumipol Adulyadej (Rama IX) a constitué un temps très fort de la relance des relations entre Paris et Bangkok. M. Chirac y a annoncé la proposition de ratification par la France du Traité d’amitié et de coopération en Asie du sud-est (TAC). Les deux pays, dans une déclaration commune, se sont engagés à intensifier leurs consultations politiques, à mettre en œuvre une coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense, à mettre en œuvre des programmes de coopération franco-thaïlandais dans les pays tiers, notamment pour le développement du Laos et du Cambodge, à poursuivre activement leur coopération dans le domaine culturel et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche, et à accélérer le développement des échanges économiques bilatéraux, avec la mobilisation sur le marché thaïlandais de 400 nouvelles entreprises françaises en 3 ans et le lancement d’un partenariat économique franco-thaïlandais (objectif du doublement des flux commerciaux dans un délai de 3 à 5 ans). Ce partenariat a été confirmé et précisé lors d’une rencontre des ministres de l’économie, à Paris le 19 septembre 2006.

A la suite du Coup d’Etat qui est intervenu à Bangkok le 19 septembre 2006, la France a estimé, avec ses partenaires européens, qu’un retour rapide à la démocratie en Thaïlande était de la plus haute importance. Les élections du 23 décembre 2007 organisées après l’adoption par référendum d’une nouvelle constitution ont permis le retour à l’ordre constitutionnel, dont l’UE s’est félicitée et dont elle a marqué depuis lors toute l’importance.

La France souhaite entretenir des relations étroites et fructueuses avec les autorités, dans l’esprit de l’amitié qui unit de longue date la Thaïlande et la France. Afin de poursuivre et de consolider les relations franco-thaïlandaises, le « plan d’action conjoint » entre nos deux pays signé en 2004 doit être renouvelé en 2008.

Ce plan d’action vise à renforcer le dialogue politique entre les deux pays, y compris sur les questions globales et régionales, à développer encore davantage les relations économiques et commerciales et à approfondir la coopération bilatérale. Le deuxième semestre 2008 sera aussi l’occasion d’un dialogue étroit entre la présidence française de l’UE et la présidence thaïlandaise de l’ASEAN sur la coopération ancienne et prometteuse entre ces deux organisations.

La France et la Thaïlande ont tissé un réseau serré de coopérations culturelles, scientifiques et techniques qui témoigne du dynamisme de nos échanges, non seulement dans le domaine artistique, mais également dans les secteurs universitaires et de la recherche : organisation annuelle d’un festival culturel français à Bangkok « la Fête », d’une rencontre de cinéma franco-thaï (10 et 24 avril 2008), et, pour la première fois en 2006, d’un festival thaïlandais en France « tout à fait thaï ». Enfin, la France développe des programmes de coopération scientifiques et de recherche, des échanges académiques, des actions de coopération administrative et d’enseignement de la langue française.

publié le 28/05/2014

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