25 AVRIL 2016 – Journée mondiale de lutte contre le paludisme

Le paludisme est en recul depuis une quinzaine d’années, dans le monde et en Asie du Sud-Est, y compris en Thaïlande. Moins de nouveaux cas (-35 % en quinze ans dans le monde), baisse de 60 % des décès, les progrès sont considérables.
Pourtant, ce serait une illusion de penser que tout est réglé. Tout d’abord parce qu’environ 3,4 milliards d’individus sont à risque de contracter le paludisme.

Aujourd’hui, en Asie du Sud-Est, les traitements antipaludiques les plus courants sont moins efficaces. Les parasites qui génèrent la maladie deviennent résistants, notamment à l’artémisinine. Les moustiques, vecteurs du paludisme, deviennent eux-aussi résistants aux insecticides, comme le montre une étude récente de l’Institut Pasteur de Vientiane, l’Institut de Recherche pour le Développement et l’Université de Kasetsart à Bangkok.

Ces résistances sont des menaces pour l’objectif d’élimination du paludisme. La Thaïlande est au cœur de ce défi. Dans les régions montagneuses et forestières, notamment aux frontières avec la Birmanie, le Cambodge et le Laos, la résurgence de la maladie a été prouvée. A travers le programme RAI (Regional Artemisinine Initiative), financé par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, il est aujourd’hui possible de renforcer la lutte contre le paludisme en Thaïlande, et d’appuyer les collaborations inter-pays pour que les programmes s’étendent, partout, des deux côtés des frontières, là où vivent, travaillent et circulent des populations particulièrement affectées.

La France est l’un des tout premiers financeurs de la lutte contre le paludisme dans la région, grâce notamment à sa contribution au Fonds mondial. Mais elle soutient également la recherche scientifique. Très bientôt, elle signera une nouvelle convention de financement, pour un peu plus d’un million de dollars, avec la Faculté de Médecine Tropicale de l’Université Mahidol à Bangkok, pour un programme de recherche qui permettra de guider les politiques de traitement antipaludique. Lutter contre le paludisme doit rester une priorité, pour la communauté scientifique comme pour la santé publique ; le coût de la lutte contre le paludisme dans le monde dépasserait les 5 milliards de dollars. A sa mesure, la France y contribuera avec fierté.

publié le 22/09/2016

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